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RÉSUMÉ NOS PETITES ESPAGNES

Partis avec quelques bagages, fuyant la misère ou la répression politique, les Espagnols sont arrivés en France par grandes vagues depuis plus d’un siècle. Ils se sont fondus au ­l du temps dans la société d’accueil, mais y ont aussi reconstitué des solidarités d’exil, se regroupant dans des quartiers et se retrouvant dans des lieux communautaires pour s’entraider, se détendre, parler leur langue, bref, vivre à l’heure du pays natal. À Perpignan, dans le sud de la France, à Rennes en Bretagne, à la Plaine Saint -Denis, en banlieue parisienne, nous sommes partis à la recherche de ces Petites Espagnes de France, et des hommes et des femmes qui, encore aujourd’hui, les font vivre. Leurs récits s’entrecroisent et se mêlent à la mémoire des lieux. Le passé resurgit au détour d’objets insolites comme un coffre-fort, une chanson, une boîte de photos jalousement gardée. Ainsi émergent les petites et la grande histoire de ce siècle d’immigration, avec les heures tragiques de la guerre civile et de l’exil républicain, les souffrances du déracinement et de la pauvreté, l’intégration progressive,remplacés aujourd’hui par d’autres préoccupations : le vieillissement, la transmission de la culture ou la question du retour.


Desde hace algo más de un siglo oleadas de españoles han emigrado a Francia huyendo de la miseria y la represión política : al principio del siglo veinte, al ­nal de la guerra civil y durante los años sesenta. Este país ofreció asilo y trabajo, y los que se quedaron fueron integrándose generación tras generación. A pesar de ello, los españoles han sabido mantener y estrechar lazos en el exilio, conviviendo en barrios, juntándose en asociaciones. Lo importante era ayudarse, divertirse, hablar la lengua, mantener las costumbres.

Hemos fi­lmado en Perpiñán, en Rennes o en Saint-Denis (extrarradio parisino) algunas de estas Pequeñas : Españas casas, hogares o centros donde españoles cuentan su vida. El pasado resurge a través de objetos insólitos: la caja fuerte centenaria utilizada por los Socorros Mútuos a partir de 1888; un cajón de madera con fotos de niños de la guerra, por las ruinas del campo de Rivesaltes del brazo de Manolita o por las calles del barrio donde transcurrió la infancia de Eusebio. Esquinas, recovecos, objetos y testimonios humanos dan cuerpo a la pequeña y gran historia de un siglo de emigración en Francia.